Les colonnes du temple de Bacchus à Baalbeck
dimanche 19 juillet 2009
samedi 18 juillet 2009
Tripoli express.
Tripoli est la seconde ville ( en nombre d'habitants) du Liban. Elle est tout au Nord du pays sur la côte. C'est une ville sunnite et pro-Hariri. Mais alors que tous le guide recommandait de s'habiller correctement, on a croisé quelques filles habillées comme à Beyrouth. Et alors que le ministère demande "d'éviter Tripoli", on ne s'est jamais senti aussi en sécurité.
Pour y aller, comme d'habitude, il faut prendre le bus. Sauf que par souçis d'économie on a pas pris le bus "express" qui va directement de Beyrouth à Tripoli, mais le bus qui s'arrête pour prendre et déposer des passagers.
Grave erreur ! On a mis plus de deux heures, dans les embouteillages et la chaleur, avec un bus qui ne roulait pas, qui au lieu de prendre l'autorioute prend la petite rue sur le côté et effectivement s'arrête toutes les 5 minutes. Car vu qu'il n'y a pas de "station" ou d'arrêts à proprement parler, le bus prend toutes les personnes qui le hêlent sur la route.
En arrivant, premier objectif, trouver de quoi se restaurer. Après avoir parcouru rapidement quelques petites rues, on entre dans un petit resto sans prétention. Là encore, l'accueil des libanais est incroyable. Un petit bonhomme qui ne devait pas avoir 10 ans faisait le service, habillé comme un maître d'hôtel, en gilet noir, chemise blanche et pantalon.
Quand on commande un plat, on vous apporte aussi tout un tas de choses comme des légumes, des pickles, des olives, du pain, ... tout un tas de trucs à grignoter qui sont tous aussi bons que les autres.
En plus agréable surprise, le prix était dérisoire et la cuisine excellente.
Le principal point d'intérêt de la ville est son souk. Un marché qui n'a pas été restauré, qui certes est très salle mais qui a conservé toute son authenticité car tout simplement il conserve sa fonction de marché auprès de la population locale.
De plus, une spécialité de Tripoli est sa fabrique du savon, dans laquelle on y a passé un bon bout de temps. Des vendeurs parlant un français impeccable vous expliquent toutes les vertues des différents produits, vous font tout sentir et evidemment tente de vous convaincre que votre peau est grasse et vos cheveux secs... donc ils faut mettre leur lotion spéciale à un prix "dérisoire". Car le seul inconvénient de cette fabrique est le prix de ses produits. 5$ pour un savon, ça reste cher même pour des européennes.
Mais les vendeurs le comprennent très bien et ne sont pas trop insistants. Ils savent bien en fait, que de toute façon vous leur achetterais un petit quelque chose.
Je suis pour ma part tombée "amoureuse" d'une odeur : l'ambre. Ca a fait exploser de rire le vendeur qui m'a demandé si mes ancêtres n'étaient pas arabes car c'est une odeur, parait-il très prisée des arabes.
Maman, faut qu'on parle...
Les souks, c'est sympa, mais pour s'orienter là dedans, c'est un vrai casse-tête, surtout qu'il n'y a aucune indication des lieux à voir.
On cherchait le chateau St Gilles. Un homme, travaillant à la réparation d'un ordinateur a alors pris à coeur de nous faire faire le tour de la ville. Il a quitté son travail, laissant son magasin vide, sans surveillance apparente et pendant une bonne demi-heure nous a balladé, nous expliquant les ruines, ce qu'était telle ou telle maison,... la visite se termina par un tour dans ce fameux chateau.
Mais plus qu'un château, ce bâtiment merite le nom de forteresse, surtout qu'il est encore habité... pas des soldats de l'armée libanaise. En fait, ça n'est pas du tout un monument touristique dans lequel on peut penétrer comme ça. C'est le QG des soldats de la ville.
Mais notre guide après avoir parlé 5 minutes avec des soldats à l'entrée nous a obtenu un petit tour "rapido rapido" à l'intérieur.
A chaque fois, en visitant les villes, on a l'impression d'être des privilégiées. On nous montre des choses qui ne sont pas accessibles au grand public. En plus à chaque fois, c'est en compagnie d'un "guide" local qui se charge de tout nous expliquer.
La forteresse n'a en elle même pas grand intérêt, c'est une place forte commune, avec ses arcades, pierres, escaliers, ... mais le fait qu'elle soit associée avec tout le matériel militaire en fait un lieu impressionant à visiter.
On voulait aussi essayer de rentrer dans la grande mosquée mais sans voile et ne trouvant personne pour ouvrir la porte on a renoncé.
En fin de journée, on a rencontré deux jeunes libanais à l'anglais parfait et ressemblant plus à des surfeurs australiens qu'à des libanais de Tripoli.
On parlait des monuments, de la mosquée fermée, ... jusqu'à ce qu'un des deux nous demande si on voulait voir un hammam qu'il connaissait ? Oui pourquoi pas.
Et une nouvelle surprise ( ce pays est merveilleux !). On rentre dans une épicerie qui de l'extérieur n'avait rien de spécial. On nous fait rentrer pas une porte dans un long couloir étroit en pierre et qui débouche sur une énorme salle ronde avec une coupole, n'ayant pas d'éclairage, on ne voyait quasiment rien, mais on pouvait deviner les murs anciennements peints, les bassins, les conduites d'eau, les anciennes fontaines. C'est un lieu gigantesque, un dédal de couloirs, de pièces ayant servi aux habitants de la ville à se détendre et se baigner.
(la photo est une tentative de rendre compte de la grande salle du hammam)
Aujourd'hui, le hammam ne sert plus que de dépotoire, des personnes y ont entassé quelques objets mais rien de plus.
Ce pays regorge de bâtiments de la sorte. Le potentiel culturel est immense et si ils arrivent à le développer et à restaurer ou tout du moins rendre plus accessible les monuments, ils pourraient attirer une nombre collossal de touristes.
Mais peut être n'ont ils pas envie de voir débouler des cars entiers de curieux hommes en short, casquette et banane autour de la taille, photographier les lieux de détente et de prière de leurs ancêtres.
mercredi 15 juillet 2009
Le 14 juillet avec les soldats français de la FINUL
Le 13 juillet, le journal m'a envoyé en reportage.
Il s'agissait de couvrir les cérémonies du 14 juillet qui se tenaient dans le Sud Liban à la base d'At-Tiri, en compagnie des soldats français de la FINUL.
Tout était intéressant et excitant du début à la fin !
Je suis partie avec une soixantaine de français dans un bus apprêté pour l'occasion.
Ces Français sont les cadres de grandes entreprises françaises au Liban, ils sont aussi pour la plupart d'entre eux, conseillers pour la France sur la situation économique au Liban.
C'est assez troublant de se retrouver au milieu de dizaines de personnes qui se connaissent tous, qui travaillent ensemble et qui, socialement, viennent du même milieu (celui des expatriés français) . Mais l'avantage de l'étiquette "journaliste" est qu'on est toléré et on peux observer tout ce petit monde sans trop de désagréments.
Il nous a fallu trois heures de car pour atteindre la base d'At-Tiri.
Normalement, le trajet ne prend pas aussi longtemps, mais il faut savoir que l'accès au Sud du Liban est resté un moment interdit aux étrangers car la situation y était trop instable.
Aussi à partir du fleuve Litani, on a été escorté par trois véhicules blindés des Nations Unis. Ce premier contact avec l'armée fut impressionnant. J'avais l'impression d'être dans un reportage avec ces gros chars blancs avec dessus quelques casques bleus qui se baladent au fil des bosses de la route, il ne manquait plus que la voix off décrivant les missions de la FINUL !
Les cérémonies ont commencé par une démonstration des savoir-faire de la FINUL.
Je ne pensais pas que ça allait être aussi impressionnant. N'étant pas passionnée par les armes ni par les chars, j'ai me suis pourtant laissée surprendre par le spectacle.
Car effectivement, la démonstration, rythmée par différentes musiques (Star Wars pour le déminage et un rock-métal pour les chars) était bleuffante.
Voir débouler un char Leclerc à toute allure, dans la poussière, avec le canon pointé sur la tribune ... produit un certain effet.
Après la démonstration, les soldats nous ont invité très simplement... à monter sur les chars ! C'est donc en tongs et pantalon blanc que j'ai entrepris l'ascension du Leclerc ( ok, j'avoue, portée par deux soldats !!!).
Installée à l'intérieur du cockpit, on se rend compte de l'inconfort que les soldats subissent au quotidien : pas de place, une chaleur à crever, surtout que les soldats ont un équipement très lourd sur les épaules et ceci en plus d'une concentration absolue pour diriger le char...
Ça ne doit pas être une partie de plaisir tous les jours !
Le reste de la journée a été consacré aux diverses cérémonies, prise d'arme, remise de médailles, levée des couleurs, Marseillaise, concert de la fanfare des Forces Armées Libanaises...
Ce qui a été très sympa, c'est qu'en temps que reporter, j'ai été prise en charge par un lieutenant (une jeune fille, Solenn, adorable) qui a répondu à toutes mes questions, m'a baladée un peu partout.
En discutant avec elle et avec d'autres soldats, je découvre ce qu'est aujourd'hui le métier de soldat.
Ils ont une vrai mission de contact avec la population. Par exemple, Solenn donne des cours de Français à des filles dans un village.
Ces soldats sont des personnes extraordinaires, ils acceptent de passer 4 mois sur cette base, dans des conditions pas forcement faciles pour aider des populations en difficulté.
C'est un peu comme un médecin qui exercera son travail dans le but de sauver des vies.
Ici, surtout au sein de la FINUL, l'objectif est de ramener la paix au Sud du Liban et pour l'instant, c'est chose réussi.
Bien sûr quand on discute avec les soldats, ils disent bien qu'ils sont le dernier échelon et que c'est au niveau supérieur que les grandes lignes de la politique se discutent, mais ici, ils ont l'impression d'œuvrer pour la paix.
Il s'agissait de couvrir les cérémonies du 14 juillet qui se tenaient dans le Sud Liban à la base d'At-Tiri, en compagnie des soldats français de la FINUL.
Tout était intéressant et excitant du début à la fin !
Je suis partie avec une soixantaine de français dans un bus apprêté pour l'occasion.
Ces Français sont les cadres de grandes entreprises françaises au Liban, ils sont aussi pour la plupart d'entre eux, conseillers pour la France sur la situation économique au Liban.
C'est assez troublant de se retrouver au milieu de dizaines de personnes qui se connaissent tous, qui travaillent ensemble et qui, socialement, viennent du même milieu (celui des expatriés français) . Mais l'avantage de l'étiquette "journaliste" est qu'on est toléré et on peux observer tout ce petit monde sans trop de désagréments.
Il nous a fallu trois heures de car pour atteindre la base d'At-Tiri.
Normalement, le trajet ne prend pas aussi longtemps, mais il faut savoir que l'accès au Sud du Liban est resté un moment interdit aux étrangers car la situation y était trop instable.
Aussi à partir du fleuve Litani, on a été escorté par trois véhicules blindés des Nations Unis. Ce premier contact avec l'armée fut impressionnant. J'avais l'impression d'être dans un reportage avec ces gros chars blancs avec dessus quelques casques bleus qui se baladent au fil des bosses de la route, il ne manquait plus que la voix off décrivant les missions de la FINUL !
Les cérémonies ont commencé par une démonstration des savoir-faire de la FINUL.
Je ne pensais pas que ça allait être aussi impressionnant. N'étant pas passionnée par les armes ni par les chars, j'ai me suis pourtant laissée surprendre par le spectacle.
Car effectivement, la démonstration, rythmée par différentes musiques (Star Wars pour le déminage et un rock-métal pour les chars) était bleuffante.
Voir débouler un char Leclerc à toute allure, dans la poussière, avec le canon pointé sur la tribune ... produit un certain effet.
Après la démonstration, les soldats nous ont invité très simplement... à monter sur les chars ! C'est donc en tongs et pantalon blanc que j'ai entrepris l'ascension du Leclerc ( ok, j'avoue, portée par deux soldats !!!).
Installée à l'intérieur du cockpit, on se rend compte de l'inconfort que les soldats subissent au quotidien : pas de place, une chaleur à crever, surtout que les soldats ont un équipement très lourd sur les épaules et ceci en plus d'une concentration absolue pour diriger le char...
Ça ne doit pas être une partie de plaisir tous les jours !
Le reste de la journée a été consacré aux diverses cérémonies, prise d'arme, remise de médailles, levée des couleurs, Marseillaise, concert de la fanfare des Forces Armées Libanaises...
Ce qui a été très sympa, c'est qu'en temps que reporter, j'ai été prise en charge par un lieutenant (une jeune fille, Solenn, adorable) qui a répondu à toutes mes questions, m'a baladée un peu partout.
En discutant avec elle et avec d'autres soldats, je découvre ce qu'est aujourd'hui le métier de soldat.
Ils ont une vrai mission de contact avec la population. Par exemple, Solenn donne des cours de Français à des filles dans un village.
Ces soldats sont des personnes extraordinaires, ils acceptent de passer 4 mois sur cette base, dans des conditions pas forcement faciles pour aider des populations en difficulté.
C'est un peu comme un médecin qui exercera son travail dans le but de sauver des vies.
Ici, surtout au sein de la FINUL, l'objectif est de ramener la paix au Sud du Liban et pour l'instant, c'est chose réussi.
Bien sûr quand on discute avec les soldats, ils disent bien qu'ils sont le dernier échelon et que c'est au niveau supérieur que les grandes lignes de la politique se discutent, mais ici, ils ont l'impression d'œuvrer pour la paix.
dimanche 12 juillet 2009
La vallée de la Kadisha
Au foyer La Sagesse, on rencontre plein de monde. Des libanaises mais aussi des françaises venues, comme moi, faire un stage d'été.
Parmi elles se trouve Justine. Elle est doctorante en géographie à Chambéry et fait ses recherches sur la vallée de la Kadisha.
C'est une zone située dans le Nord du Liban, après Tripoli et avant la Bekaa. Cette vallée est entre autres classée au patrimoine mondial de l'UNESCO car c'est le berceau du maronisme et les parois sont constellées de grottes et monastères taillés à même la roche.
Il faut préciser que, la Kadisha, plus qu'une large vallée avec une plaine au milieu comme en France, correspond à une faille rocheuse au milieu de laquelle coule la rivière Kadisha. Au dessus il y a un plateau pelé où sont accrochés de petits villages.
Le village de Bcharré, où habite Justine est au fond de la vallée. C'est le village de Khalil Gibran, poète, peintre et philosophe libanais, célèbre notamment pour son essai : Le Prophète.
Au Liban, quand on a pas de voiture, on prend le bus.
C'est en soi toute une aventure.
Nous avons pris le bus de 19h30 sans imaginer un seul instant que c'était le dernier pour la montagne.
Or TOUS les libanais qui travaillent à Beyrouth en semaine rentrent chez eux le week end, les montagnards n'y font pas exceptions.
Aussi le bus était blindé.
"Blindé" là encore ne recouvre pas le même terme qu'en France. Certes tous les sièges étaient remplis mais au fur et à mesure qu'on avançait, le chauffeur rajoutait du monde. On s'est retrouvé à 5 sur une banquette de 4, des personnes étaient accrochées dehors et la carcasse du véhicule touchait presque le sol.
Mais en fin de compte, quand on laisse nos réflexes sécuritaires européens, de côté et qu'on se laisse bercer par la musique pop arabe à fond ,... ça roule !
Finalement, c'est même plutôt rigolo car ça permet de parler avec des Libanais qui sont toujours très curieux de savoir ce que "nom de nom", on allait bien pouvoir faire dans la Kadisha !
Les choses deviennent moins drôle à partir de la montagne où les petits virages en lacet sont d'autant moins supportables qu'on suffoque à l'intérieur.
Autre petit dérangement; à un moment le bus a légèrement dérapé. Le chauffeur s'arrête immédiatement et sort avec sa lampe.
Innocemment, je pensais qu'on avait crevé ou autre problème mécanique alors je regarde par la fenêtre... Horreur, on avait roulé sur un serpent, pas une petite couleuvre... quelque chose de gris luisant, qui devait initialement faire 1m50 mais qui avait été coupé en deux par le bus et qui bougeait encore...
Ceux qui me connaissent savent que ce genre de vision suffit pour me paralyser pendant une semaine. Je regrettais amèrement d'avoir regardé dehors et restait choquée pour tout le trajet. Moi qui pensais pouvoir faire de grandes balades dans la montagne, voilà que je remettais en cause tous mes plans !
Justine a un appartement avec une vue superbe, on voie tout le flanc sud de la Kadisha et la lumière est magique. Se lever avec ces images, après une bonne nuit de sommeil, car il fait frais, il n'y a pas de bruit et pas de pollution, est très agréable.
Mais Justine travaille principalement le week end car elle a alors à disposition un guide pour l'accompagner et traduire les entretiens avec les bergers et moines. Donc elle est partie en expédition pendant qu'on profitait du week end, de la vue et du village.
Aussi on a visité le musée Khalil Gibran, qui comprend un grand nombre de ses peintures et quelques objets lui appartenant.
Le lendemain, les filles ont réussi à me convaincre qu'il serait vraiment dommage de ne pas aller marcher dans la Kadisha. Et c'est vrai que ça aurait été une perte. La lumière qui est diffusée dans cette vallée rocheuse mais recouverte de végétation, est sublime. De plus on a visité des monastères, on s'est entretenu avec un prêtre, on a bien rigolé et on a beaucoup parlé.
Elles ont même réussi à me faire monter à une petite grotte perchée en haut d'un sentier escarpé afin de déjeuner à l'ombre et avec une vue magnifique.
La montagne libanaise est vraiment belle. On a bien profité de ce petit week end et le retour à Beyrouth dans la chaleur et la pollution est un peu difficile.
Mais la semaine qui s'annonce va être aussi pleine de rebondissement et je suis pressée de voir ce que ça va donner.
Parmi elles se trouve Justine. Elle est doctorante en géographie à Chambéry et fait ses recherches sur la vallée de la Kadisha.
C'est une zone située dans le Nord du Liban, après Tripoli et avant la Bekaa. Cette vallée est entre autres classée au patrimoine mondial de l'UNESCO car c'est le berceau du maronisme et les parois sont constellées de grottes et monastères taillés à même la roche.
Il faut préciser que, la Kadisha, plus qu'une large vallée avec une plaine au milieu comme en France, correspond à une faille rocheuse au milieu de laquelle coule la rivière Kadisha. Au dessus il y a un plateau pelé où sont accrochés de petits villages.
Le village de Bcharré, où habite Justine est au fond de la vallée. C'est le village de Khalil Gibran, poète, peintre et philosophe libanais, célèbre notamment pour son essai : Le Prophète.
Au Liban, quand on a pas de voiture, on prend le bus.
C'est en soi toute une aventure.
Nous avons pris le bus de 19h30 sans imaginer un seul instant que c'était le dernier pour la montagne.
Or TOUS les libanais qui travaillent à Beyrouth en semaine rentrent chez eux le week end, les montagnards n'y font pas exceptions.
Aussi le bus était blindé.
"Blindé" là encore ne recouvre pas le même terme qu'en France. Certes tous les sièges étaient remplis mais au fur et à mesure qu'on avançait, le chauffeur rajoutait du monde. On s'est retrouvé à 5 sur une banquette de 4, des personnes étaient accrochées dehors et la carcasse du véhicule touchait presque le sol.
Mais en fin de compte, quand on laisse nos réflexes sécuritaires européens, de côté et qu'on se laisse bercer par la musique pop arabe à fond ,... ça roule !
Finalement, c'est même plutôt rigolo car ça permet de parler avec des Libanais qui sont toujours très curieux de savoir ce que "nom de nom", on allait bien pouvoir faire dans la Kadisha !
Les choses deviennent moins drôle à partir de la montagne où les petits virages en lacet sont d'autant moins supportables qu'on suffoque à l'intérieur.
Autre petit dérangement; à un moment le bus a légèrement dérapé. Le chauffeur s'arrête immédiatement et sort avec sa lampe.
Innocemment, je pensais qu'on avait crevé ou autre problème mécanique alors je regarde par la fenêtre... Horreur, on avait roulé sur un serpent, pas une petite couleuvre... quelque chose de gris luisant, qui devait initialement faire 1m50 mais qui avait été coupé en deux par le bus et qui bougeait encore...
Ceux qui me connaissent savent que ce genre de vision suffit pour me paralyser pendant une semaine. Je regrettais amèrement d'avoir regardé dehors et restait choquée pour tout le trajet. Moi qui pensais pouvoir faire de grandes balades dans la montagne, voilà que je remettais en cause tous mes plans !
Justine a un appartement avec une vue superbe, on voie tout le flanc sud de la Kadisha et la lumière est magique. Se lever avec ces images, après une bonne nuit de sommeil, car il fait frais, il n'y a pas de bruit et pas de pollution, est très agréable.
Mais Justine travaille principalement le week end car elle a alors à disposition un guide pour l'accompagner et traduire les entretiens avec les bergers et moines. Donc elle est partie en expédition pendant qu'on profitait du week end, de la vue et du village.
Aussi on a visité le musée Khalil Gibran, qui comprend un grand nombre de ses peintures et quelques objets lui appartenant.
Le lendemain, les filles ont réussi à me convaincre qu'il serait vraiment dommage de ne pas aller marcher dans la Kadisha. Et c'est vrai que ça aurait été une perte. La lumière qui est diffusée dans cette vallée rocheuse mais recouverte de végétation, est sublime. De plus on a visité des monastères, on s'est entretenu avec un prêtre, on a bien rigolé et on a beaucoup parlé.
Elles ont même réussi à me faire monter à une petite grotte perchée en haut d'un sentier escarpé afin de déjeuner à l'ombre et avec une vue magnifique.
La montagne libanaise est vraiment belle. On a bien profité de ce petit week end et le retour à Beyrouth dans la chaleur et la pollution est un peu difficile.
Mais la semaine qui s'annonce va être aussi pleine de rebondissement et je suis pressée de voir ce que ça va donner.
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