mercredi 1 juillet 2009

La plage à Beyrouth


« Aller à la plage », c’est dorer sur sa serviette, parler avec ses amis, aller se baigner de temps en temps, jouer au ballon, faire des mots croisés, lire éventuellement. En été, le week-end, nombreuses sont les familles, les jeunes, les plus âgés à profiter du bord de mer. Beyrouth ne fait pas exception à la règle, pourtant ici « la plage » ne désigne pas la même chose pour tout le monde.
Modèle miniature de la facture communautaire libanaise, le littoral de la capital est divisé entre les clubs privés et les rochers, derniers refuge de nature sur le front de mer bétonné.
On remarque en premier l’évidente division sur le corps et son emploi dans la société civile.
D’un côté on a un culte voué au corps. Les clubs regorgent de mâles body-buildés, le corps doré et luisant de crème. Les femmes quant à elles tentent de parfaire leur bronzage. Tout se petit monde s’observe, se juge et parfois noue contact.
De l’autre côté des barbelés, il n’y a rien de tout cela. Au contraire, on passe à un autre extrême, une société anti-corps où les femmes ne se baignent que couvertes de la tête aux pieds.
Division confessionnelle me direz vous ? Pas sûr. Il y a aussi des musulmans dans les clubs privés. Non, il s’agit plutôt d’une division sociale. La bonne société de Beyrouth souhaite se retrouver entre elle et pour cela accepte de payer des tarifs d’entrée exorbitants pour avoir accès à la plaque de béton, à un transat et à la piscine. D’un autre côté, les rochers sont certes libres d’accès, mais sont aussi couverts de déchets et pas aménagés du tout pour la baignade. Il n’y a par exemple même pas d’escalier pour y descendre et on est obligé de se livrer à de réelles acrobaties pour accéder à l’eau.
Malgré tout, les deux lieux sont conviviaux, on y fait de belles rencontres et chacun se sent à l’aise dans le monde qu’il a choisi. Mais vivre ensemble nécessite de faire des efforts et le respect de l’autre et de ses choix commencerait peut être par un nettoyage des rochers et un abaissement des prix d’entrée des clubs.

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