Au début on s'imagine que sortir de Beyrouth (dont je commence à peine à comprendre le rythme quotidien), va être un bordel incommensurable. Il faut prendre un taxi-service qui vous emmène à la place Cola ( nommé selon la compagnie américaine Coca-Cola qui avait ses usines là-bas), ensuite trouver le bon bus pour aller à Saïda, puis après une heure de transport rejoindre la vieille ville et enfin commencer la visite tout en sachant qu'il ne faut pas louper le dernier bus de 18h30 pour rentrer.
Et bien en fait, rien n'est plus simple que de se déplacer dans ce pays et à moindre coût !
Après être sorties du foyer, on discute avec un ou deux taxis ( attention, saison touristique = les pigeons ont débarqué dans le pays : on nous a proposé des courses à 10$ !) nous montons dans une voiture, pour une fois impeccable, pour la somme de 2000LL par personne.
Arrivés sur le rond point, le chauffeur, qui nous a parlé en arabe pendant tout le trajet alors qu'il avait parfaitement compris qu'on ne parlait pas la langue, nous demande notre destination -Saïda-, alpague un bus qui frôle son char , parfait il se trouve qu'il va à Saïda, et nous voilà embarquées à bord d'une carcasse roulante.
Impressionnant, tout cela nous a pris en tout et pour tout 1/4 d'heure, sans avoir à galérer pour trouver notre chemin ni rien ! Nous n'en revenions tout simplement pas !
Comme il n'y a pas d'arrêt précis, pas d'horaire précis que tout est anarchique, quand quelques personnes qui sont aussi dans la confusion, mais elles parce qu'elles ne connaissent pas, arrivent, ça ne pose aucun problème, au contraire, on s'y retrouve comme tout le monde parce que tout le monde est dans le même bordel !
L'arrivée à Saïda s'est déroulée de la même façon, il suffit de prendre la grande rue et on tombe directement dans la vieille ville et ses 14km de souks.
Pour l'instant, le souk est le lieu qui illustre le mieux, à mon avis, les charmes mystérieux du Moyen Orient.
Ces petites ruelles, au dessus desquelles se trouvent les maisons, des fils électriques par centaines, des toiles tendues, regorgent de commerçants en tout genre.
Certains passages sont spécialisés et à chaque tournant les couleurs, odeurs, bruits changent. On peut dire les yeux fermés, par exemple, si on est en train de passer dans le coin des produits ménagers et des lessives ou pas. En revanche, le coin des bouchers est nettement moins plaisant !
Au fil de notre promenade dans le souk, nous sommes rentrées dans plusieurs bâtiments qui étaient conseillés par le guide, tous sont ouverts gratuitement, il faut simplement sonner ou pousser une porte et un guide vous accueillera. Par exemple, le palais Debbané est une ancienne demeure du 18e siècle entièrement restaurée mais on vous laisse vous promener partout. L'architecture est splendide, arcades bicolore, ocre et bordeaux, lanternes en fer forgées et terrasse qui offre une vue panoramique sur Saïda.
Le caravansérail français présente à mon avis moins d'intérêt, c'est un grand bâtiment carré où les marchands français se reposaient avant de repartir mais il ne reste que la pierre ( et un congrès international des scouts du Moyen Orient !) et aucune explication n'est donnée.
En revanche, si vous avez de la chance on vous ouvrira les portes des mosquées. On pensait qu'on ne rentrerait jamais et surtout pas dans les salles réservées aux hommes mais devant les grilles de la grandes mosquée Omaride de Saïda, des hommes en train de fumer le narguilé nous ont proposé d'entrer. Il leur a quand même fallu discuter pas mal de temps avec le gardien, ... mais au final, recouvertes de grandes robes noires on nous a fait pénétrer dans cette vieille mosquée où tout le monde était en train de dormir. Un "responsable" ou "chef religieux", je ne sais pas trop comment l'appeler nous a tout expliqué, ce qu'on faisait dans les salles, l'histoire de cette mosquée...
Ce qui est très agréable ici, c'est qu'il n'y a pas de touristes et rien n'est fait pour eux. Aussi on est accueilli très chaleureusement, les gens se marraient sur notre 4e passage dans la même rue parce qu'on s'était encore perdues... Les enfants voulaient jouer avec nous, être pris en photo avec le drapeau du ... Brésil ( allez savoir pourquoi !). On nous a fait rentrer dans des cours d'immeubles super mignonnes, chez les gens. C'est très agréable de ne pas être agressé pour son argent et que les gens veuillent juste nous montrer l'endroit où ils vivent.
Après c'est vrai que la vieille ville est aussi très belle, très bien restaurée car c'est le fief du clan Hariri et que Saad, le fiston qui vient d'être élu chef du gouvernement, a investi une grosse somme d'argent pour tout rénover, d'où les centaines de portraits de lui et sa famille qui décorent les murs de Sidon.
Au niveau culinaire nous avons testé aujourd'hui deux spécialités libanaises ou moyennes-orientales. D'abord la "glace arabe", c'est en passant dans une ruelle qu'on a vu qu'ils servaient des cônes avec un empilement de "pâtes" sorties d'un congélateur. Il se trouve que c'était de la glace à différent parfum. On a demandé à gouter et en fait c'est comme du carambar au fruit mais glacé et avec une texture plus crémeuse, c'est pas mauvais mais ça reste sur l'estomac. L'avantage de cette glace est qu'elle fond beaucoup plus lentement que la glace qu'on connait qui elle est simplement impossible à manger ici.
(attention, petite précision : j'ai été malade après pendant 4 jours et je pense que la glace y est pour quelque chose...)
Second test : les falafels, ce sont ces fameuses galettes de pois chiche frites. Mais, alors qu'en France on les mange seules ou trempées dans une sauce, ici on vous les met dans un sandwich avec des crudités, de la sauce blanche et du piment. C'est assez bon, pareil très difficile à digérer ( et encore on avait pris qu'un sandwich pour deux !) mais visiblement on est allé dans la boutique spécialiste car elle ne désemplie pas de la journée ( coin de la rue qui débouche sur le château de la mer).
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