Tripoli est la seconde ville ( en nombre d'habitants) du Liban. Elle est tout au Nord du pays sur la côte. C'est une ville sunnite et pro-Hariri. Mais alors que tous le guide recommandait de s'habiller correctement, on a croisé quelques filles habillées comme à Beyrouth. Et alors que le ministère demande "d'éviter Tripoli", on ne s'est jamais senti aussi en sécurité.
Pour y aller, comme d'habitude, il faut prendre le bus. Sauf que par souçis d'économie on a pas pris le bus "express" qui va directement de Beyrouth à Tripoli, mais le bus qui s'arrête pour prendre et déposer des passagers.
Grave erreur ! On a mis plus de deux heures, dans les embouteillages et la chaleur, avec un bus qui ne roulait pas, qui au lieu de prendre l'autorioute prend la petite rue sur le côté et effectivement s'arrête toutes les 5 minutes. Car vu qu'il n'y a pas de "station" ou d'arrêts à proprement parler, le bus prend toutes les personnes qui le hêlent sur la route.
En arrivant, premier objectif, trouver de quoi se restaurer. Après avoir parcouru rapidement quelques petites rues, on entre dans un petit resto sans prétention. Là encore, l'accueil des libanais est incroyable. Un petit bonhomme qui ne devait pas avoir 10 ans faisait le service, habillé comme un maître d'hôtel, en gilet noir, chemise blanche et pantalon.
Quand on commande un plat, on vous apporte aussi tout un tas de choses comme des légumes, des pickles, des olives, du pain, ... tout un tas de trucs à grignoter qui sont tous aussi bons que les autres.
En plus agréable surprise, le prix était dérisoire et la cuisine excellente.
Le principal point d'intérêt de la ville est son souk. Un marché qui n'a pas été restauré, qui certes est très salle mais qui a conservé toute son authenticité car tout simplement il conserve sa fonction de marché auprès de la population locale.
De plus, une spécialité de Tripoli est sa fabrique du savon, dans laquelle on y a passé un bon bout de temps. Des vendeurs parlant un français impeccable vous expliquent toutes les vertues des différents produits, vous font tout sentir et evidemment tente de vous convaincre que votre peau est grasse et vos cheveux secs... donc ils faut mettre leur lotion spéciale à un prix "dérisoire". Car le seul inconvénient de cette fabrique est le prix de ses produits. 5$ pour un savon, ça reste cher même pour des européennes.
Mais les vendeurs le comprennent très bien et ne sont pas trop insistants. Ils savent bien en fait, que de toute façon vous leur achetterais un petit quelque chose.
Je suis pour ma part tombée "amoureuse" d'une odeur : l'ambre. Ca a fait exploser de rire le vendeur qui m'a demandé si mes ancêtres n'étaient pas arabes car c'est une odeur, parait-il très prisée des arabes.
Maman, faut qu'on parle...
Les souks, c'est sympa, mais pour s'orienter là dedans, c'est un vrai casse-tête, surtout qu'il n'y a aucune indication des lieux à voir.
On cherchait le chateau St Gilles. Un homme, travaillant à la réparation d'un ordinateur a alors pris à coeur de nous faire faire le tour de la ville. Il a quitté son travail, laissant son magasin vide, sans surveillance apparente et pendant une bonne demi-heure nous a balladé, nous expliquant les ruines, ce qu'était telle ou telle maison,... la visite se termina par un tour dans ce fameux chateau.
Mais plus qu'un château, ce bâtiment merite le nom de forteresse, surtout qu'il est encore habité... pas des soldats de l'armée libanaise. En fait, ça n'est pas du tout un monument touristique dans lequel on peut penétrer comme ça. C'est le QG des soldats de la ville.
Mais notre guide après avoir parlé 5 minutes avec des soldats à l'entrée nous a obtenu un petit tour "rapido rapido" à l'intérieur.
A chaque fois, en visitant les villes, on a l'impression d'être des privilégiées. On nous montre des choses qui ne sont pas accessibles au grand public. En plus à chaque fois, c'est en compagnie d'un "guide" local qui se charge de tout nous expliquer.
La forteresse n'a en elle même pas grand intérêt, c'est une place forte commune, avec ses arcades, pierres, escaliers, ... mais le fait qu'elle soit associée avec tout le matériel militaire en fait un lieu impressionant à visiter.
On voulait aussi essayer de rentrer dans la grande mosquée mais sans voile et ne trouvant personne pour ouvrir la porte on a renoncé.
En fin de journée, on a rencontré deux jeunes libanais à l'anglais parfait et ressemblant plus à des surfeurs australiens qu'à des libanais de Tripoli.
On parlait des monuments, de la mosquée fermée, ... jusqu'à ce qu'un des deux nous demande si on voulait voir un hammam qu'il connaissait ? Oui pourquoi pas.
Et une nouvelle surprise ( ce pays est merveilleux !). On rentre dans une épicerie qui de l'extérieur n'avait rien de spécial. On nous fait rentrer pas une porte dans un long couloir étroit en pierre et qui débouche sur une énorme salle ronde avec une coupole, n'ayant pas d'éclairage, on ne voyait quasiment rien, mais on pouvait deviner les murs anciennements peints, les bassins, les conduites d'eau, les anciennes fontaines. C'est un lieu gigantesque, un dédal de couloirs, de pièces ayant servi aux habitants de la ville à se détendre et se baigner.
(la photo est une tentative de rendre compte de la grande salle du hammam)
Aujourd'hui, le hammam ne sert plus que de dépotoire, des personnes y ont entassé quelques objets mais rien de plus.
Ce pays regorge de bâtiments de la sorte. Le potentiel culturel est immense et si ils arrivent à le développer et à restaurer ou tout du moins rendre plus accessible les monuments, ils pourraient attirer une nombre collossal de touristes.
Mais peut être n'ont ils pas envie de voir débouler des cars entiers de curieux hommes en short, casquette et banane autour de la taille, photographier les lieux de détente et de prière de leurs ancêtres.
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