Au foyer La Sagesse, on rencontre plein de monde. Des libanaises mais aussi des françaises venues, comme moi, faire un stage d'été.
Parmi elles se trouve Justine. Elle est doctorante en géographie à Chambéry et fait ses recherches sur la vallée de la Kadisha.
C'est une zone située dans le Nord du Liban, après Tripoli et avant la Bekaa. Cette vallée est entre autres classée au patrimoine mondial de l'UNESCO car c'est le berceau du maronisme et les parois sont constellées de grottes et monastères taillés à même la roche.
Il faut préciser que, la Kadisha, plus qu'une large vallée avec une plaine au milieu comme en France, correspond à une faille rocheuse au milieu de laquelle coule la rivière Kadisha. Au dessus il y a un plateau pelé où sont accrochés de petits villages.
Le village de Bcharré, où habite Justine est au fond de la vallée. C'est le village de Khalil Gibran, poète, peintre et philosophe libanais, célèbre notamment pour son essai : Le Prophète.
Au Liban, quand on a pas de voiture, on prend le bus.
C'est en soi toute une aventure.
Nous avons pris le bus de 19h30 sans imaginer un seul instant que c'était le dernier pour la montagne.
Or TOUS les libanais qui travaillent à Beyrouth en semaine rentrent chez eux le week end, les montagnards n'y font pas exceptions.
Aussi le bus était blindé.
"Blindé" là encore ne recouvre pas le même terme qu'en France. Certes tous les sièges étaient remplis mais au fur et à mesure qu'on avançait, le chauffeur rajoutait du monde. On s'est retrouvé à 5 sur une banquette de 4, des personnes étaient accrochées dehors et la carcasse du véhicule touchait presque le sol.
Mais en fin de compte, quand on laisse nos réflexes sécuritaires européens, de côté et qu'on se laisse bercer par la musique pop arabe à fond ,... ça roule !
Finalement, c'est même plutôt rigolo car ça permet de parler avec des Libanais qui sont toujours très curieux de savoir ce que "nom de nom", on allait bien pouvoir faire dans la Kadisha !
Les choses deviennent moins drôle à partir de la montagne où les petits virages en lacet sont d'autant moins supportables qu'on suffoque à l'intérieur.
Autre petit dérangement; à un moment le bus a légèrement dérapé. Le chauffeur s'arrête immédiatement et sort avec sa lampe.
Innocemment, je pensais qu'on avait crevé ou autre problème mécanique alors je regarde par la fenêtre... Horreur, on avait roulé sur un serpent, pas une petite couleuvre... quelque chose de gris luisant, qui devait initialement faire 1m50 mais qui avait été coupé en deux par le bus et qui bougeait encore...
Ceux qui me connaissent savent que ce genre de vision suffit pour me paralyser pendant une semaine. Je regrettais amèrement d'avoir regardé dehors et restait choquée pour tout le trajet. Moi qui pensais pouvoir faire de grandes balades dans la montagne, voilà que je remettais en cause tous mes plans !
Justine a un appartement avec une vue superbe, on voie tout le flanc sud de la Kadisha et la lumière est magique. Se lever avec ces images, après une bonne nuit de sommeil, car il fait frais, il n'y a pas de bruit et pas de pollution, est très agréable.
Mais Justine travaille principalement le week end car elle a alors à disposition un guide pour l'accompagner et traduire les entretiens avec les bergers et moines. Donc elle est partie en expédition pendant qu'on profitait du week end, de la vue et du village.
Aussi on a visité le musée Khalil Gibran, qui comprend un grand nombre de ses peintures et quelques objets lui appartenant.
Le lendemain, les filles ont réussi à me convaincre qu'il serait vraiment dommage de ne pas aller marcher dans la Kadisha. Et c'est vrai que ça aurait été une perte. La lumière qui est diffusée dans cette vallée rocheuse mais recouverte de végétation, est sublime. De plus on a visité des monastères, on s'est entretenu avec un prêtre, on a bien rigolé et on a beaucoup parlé.
Elles ont même réussi à me faire monter à une petite grotte perchée en haut d'un sentier escarpé afin de déjeuner à l'ombre et avec une vue magnifique.
La montagne libanaise est vraiment belle. On a bien profité de ce petit week end et le retour à Beyrouth dans la chaleur et la pollution est un peu difficile.
Mais la semaine qui s'annonce va être aussi pleine de rebondissement et je suis pressée de voir ce que ça va donner.
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